{"id":1822,"date":"2011-08-16T10:46:22","date_gmt":"2011-08-16T08:46:22","guid":{"rendered":"http:\/\/julienlahmi.com\/professeur\/?page_id=1822"},"modified":"2012-12-26T19:44:09","modified_gmt":"2012-12-26T17:44:09","slug":"mise-en-scene","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/julienlahmi.com\/professeur\/amateurs\/mise-en-scene\/","title":{"rendered":"Intentions de mise en sc\u00e8ne"},"content":{"rendered":"<p><!-- Link and image removed by Remove First Image Plugin --><br \/>\n<em>\u00ab\u00a0Ce n&rsquo;est pas que j&rsquo;ai peur de la mort, c&rsquo;est juste que je ne veux pas \u00eatre l\u00e0 quand \u00e7a arrivera.\u00a0\u00bb <\/em><strong>Woody Allen<\/strong><em> <\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La vie a un prix parce qu&rsquo;elle a une fin. La mort n&rsquo;en reste pas moins effrayante pour nous autres, les \u00eatres humains. La mort est le quotidien de la famille Fisher, c&rsquo;est m\u00eame leur gagne pain. Il sont donc bien oblig\u00e9s de l&rsquo;aborder avec recul.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Mais ce sto\u00efcisme impos\u00e9 s&rsquo;\u00e9br\u00e8che souvent pour laisser place \u00e0 l&rsquo;hyst\u00e9rie. Cet environnement mortuaire exacerbe les pulsions de vie des personnages de la s\u00e9rie. Il s&rsquo;agit l\u00e0 de la folie ordinaire contenue en chacun de nous et qui explose ici, surtout avec tous ces psys qui habitent le coin (je pense en premier lieu au personnage de Brenda Chenowitch et \u00e0 ses parents).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>A l&rsquo;instar de cette famille de croque-morts, je veux mettre la question du deuil au centre de la pi\u00e8ce. Je souhaite que les personnages \u2013 et les spectateurs dans leur sillage &#8211; se posent la question du \u00ab\u00a0Comment je vis avec la mort ? Je l&rsquo;accepte ou je me r\u00e9volte ?\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Que m&rsquo;apporte la perte d&rsquo;un \u00eatre cher, de mon p\u00e8re, de mon mari ? Ai-je su lui dire que je l&rsquo;aimais quand il \u00e9tait vivant ? La mort de Nathaniel Sr, si aim\u00e9 et regrett\u00e9 soit-il, n&rsquo;aurait-il pas lib\u00e9r\u00e9 d&rsquo;un certain poids sa femme et ses enfants\u00a0 ?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Que provoque le deuil de ces inconnus qui viennent pleurer dans le giron de Nate, de David ou de Ruth Fisher ? Cela n&rsquo;incite-t-il pas Nate \u00e0 faire l&rsquo;amour plus avidement \u00e0 sa compagne pendant qu&rsquo;il en est encore temps ? Les relations amoureuses, la sensualit\u00e9 et la sexualit\u00e9 seront la chair de la pi\u00e8ce.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Pour montrer l&rsquo;antagonisme entre ce long processus de deuil et cette vive douleur ponctuelle de la perte, je travaillerai sur le rythme. Le recueillement sera rendu par des sc\u00e8nes amples dans leur dur\u00e9e et un d\u00e9nuement du d\u00e9cor sc\u00e9nique. Quant au besoin de crier sa peine, il se fera par un enchev\u00eatrement de courtes sc\u00e8nes se d\u00e9roulant simultan\u00e9ment dans diff\u00e9rents lieux rendus concrets gr\u00e2ce \u00e0 un jeu de lumi\u00e8re en douches.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Par ailleurs, l&rsquo;art de la S\u00e9rie a apport\u00e9 au Cin\u00e9ma la proximit\u00e9 affective gr\u00e2ce \u00e0 la longueur de son format. Le spectateur passe plus de temps en compagnie de Claire (Fischer), de Keith (Charles) et de Rico (Diaz) qu&rsquo;il n&rsquo;a pu le faire avec une Scarlett O&rsquo;Hara, un John Merrick ou une Marquise de Merteuil. Quand j&rsquo;ai fini le dernier \u00e9pisode de la derni\u00e8re saison de Six Feet Under, j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 pris par le sentiment surnaturel de dire adieu \u00e0 des amis.<\/p>\n<p>Pour donner au spectateur ce sentiment d&rsquo;intime, je souhaite utiliser les armes \u00e9motionnelles du th\u00e9\u00e2tre et mettre en place des stratag\u00e8mes visuels et sonores :<\/p>\n<p>Dans le cercueil expos\u00e9 pour la veill\u00e9e fun\u00e8bre sera dissimul\u00e9 une cam\u00e9ra reli\u00e9e au vid\u00e9o projecteur. Ainsi, nous obtiendrons sur l&rsquo;\u00e9cran de fond de la salle des plans rapproch\u00e9s des com\u00e9diens.<\/p>\n<p>Entre certaines sc\u00e8nes seront laiss\u00e9s aux com\u00e9diens des moments libres d&rsquo;improvisation o\u00f9 ils auront pour contrainte de se laisser aller \u00e0 exprimer une \u00e9motion, sans mots, sur une musique ou sur du silence. Des transpositions des r\u00eaves et pens\u00e9es priv\u00e9es des personnages exprim\u00e9s en image dans la s\u00e9rie.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Les morts parleront par l&rsquo;entremise de voix pr\u00e9enregistr\u00e9es qui entoureront sonorement les spectateurs. Lors des sc\u00e8nes chorales comme celle de l&rsquo;enterrement du p\u00e8re, des spectateurs \u201camis\u201d et\/ou volontaires de derni\u00e8re minute seront invit\u00e9s \u00e0 rejoindre sur sc\u00e8ne la foule des anonymes qui portent le deuil \u2026. et casser ainsi la distance entre acteurs et spectateurs.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Certains lieux seront rendus concrets par l&rsquo;immersion sonore (ex: son de la route lors d&rsquo;une sc\u00e8ne de discussion en voiture)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Je m&rsquo;attacherai \u00e0 bien diff\u00e9rencier ce que les personnages montrent aux autres et ce qu&rsquo;ils gardent \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur. Leur visage social sera rendu par un jeu naturaliste alors que leurs pens\u00e9es secr\u00e8tes s&rsquo;exprimeront aux spectateurs par des exub\u00e9rances.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Ces personnages en commerce avec la mort ont besoin de vivre intens\u00e9ment. Les sc\u00e8nes\u00a0 se succ\u00e9deront donc sans temps mort, sans noirs et sans entr\u00e9es\/sorties. Les com\u00e9diens seront sur sc\u00e8ne d&rsquo;un bout \u00e0 l&rsquo;autre de la pi\u00e8ce. Je compte d&rsquo;ailleurs sur cet important effort physique pour les amener au l\u00e2cher prise.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Enfin, l&rsquo;humour noir de la s\u00e9rie devra \u00eatre \u00e0 tout prix conserv\u00e9 gr\u00e2ce au d\u00e9calage de certaines situations, au tragique des \u00e9v\u00e9nements et \u00e0 la crudit\u00e9 des dialogues.<\/p>\n<p><a title=\"Biographie mortuaire\" href=\"http:\/\/julienlahmi.com\/professeur\/accompagnement-de-troupes-amateur\/souvenirs-de-six-feet-under\/biographie-mortuaire\/\">Ma bio post-mortem<\/a><\/p>\n<p><a title=\"Synopsis SFU, la pi\u00e8ce\" href=\"http:\/\/julienlahmi.com\/professeur\/accompagnement-de-troupes-amateur\/souvenirs-de-six-feet-under\/synopsis-sfu-la-piece\/\">Le synopsis de la pi\u00e8ce<\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"\n\u00ab\u00a0Ce n&rsquo;est pas que j&rsquo;ai peur de la mort, c&rsquo;est juste que je ne veux pas \u00eatre l\u00e0 quand \u00e7a arrivera.\u00a0\u00bb Woody Allen \n&nbsp;\nLa vie &hellip;","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"parent":2,"menu_order":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","template":"","meta":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/julienlahmi.com\/professeur\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1822"}],"collection":[{"href":"https:\/\/julienlahmi.com\/professeur\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/julienlahmi.com\/professeur\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/julienlahmi.com\/professeur\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/julienlahmi.com\/professeur\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1822"}],"version-history":[{"count":9,"href":"https:\/\/julienlahmi.com\/professeur\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1822\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1955,"href":"https:\/\/julienlahmi.com\/professeur\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1822\/revisions\/1955"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/julienlahmi.com\/professeur\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/2"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/julienlahmi.com\/professeur\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1822"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}